Gazette Debout

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Gazette Debout, relayés par Nuit Debout Grenoble

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Debout Education Populaire : spécificité du dispositif place de la République

par coordeducpop

Deuxième article tiré du texte que Debout Education Populaire a présenté le 27 janvier 2017 au colloque du GIS « Les expérimentations démocratiques aujourd’hui ». Il est ici question de la spécificité du dispositif mis en place par la commission à République et les nombreuses interventions qu’il a accueillies.

Concernant les interventions de Debout Education Populaire, elles consistent en un cadre spatial et matériel favorisant la participation de tous ; un espace ouvert sur la place de la République, délimité seulement par des cordes tirées entre des arbres sur lesquelles sont accrochées des affiches faites à la main par l’équipe et/ou par des participants adultes ou enfants lors d’ateliers, présentant notre charte, notre état d’esprit (ex : « Réfléchir c’est déjà désobéir »), des dessins. La place publique a l’intérêt pour nous d’offrir à la fois une grande ouverture et une grande liberté spatio-temporelle. Sur le plan physique, la place de la République est très accessible, et traversée par de nombreux passants. Des personnes déjà sur les lieux participent souvent à notre chantier éphémère en aidant à l’installation (installation des cordes, des affiches, de la bâche par temps de pluie…). Les cordes sont comme des frontières symboliques qui rendent visible aux yeux de tous ce qui s’y fait, permettant ainsi à tout le monde d’assister aux débats et d’y prendre part. Les participants, qu’ils écoutent ou interviennent, peuvent s’asseoir sur la place, ou rester debout, certains sont à vélo, apportent un petit tabouret. Sur le plan temporel, peu de contraintes et la possibilité de déborder sur les horaires si on le souhaite.

Concernant les différents outils mis en place par Debout Education Populaire, je vais vous présenter maintenant le format initial des interventions, qui a perduré jusqu’à l’automne 2016 et reprendra au printemps 2017 (une interruption liée à l’arrivée du froid et au fait de ne pas avoir trouvé de salle pour nous accueillir gratuitement). Il s’agit pour ce format d’interventions de personnes ayant envie de partager un savoir, quel qu’il soit, avec les autres sur la place et d’en discuter. Il suffit pour cela de simplement s’inscrire, soit auprès des membres d’Educ’Pop Debout sur la place, soit sur le site, en proposant un thème de discussion portant sur un savoir-faire, une expérience, une passion, un projet, une idée, une pensée… Nous ne présentons les intervenant/e/s qu’avec leur prénom et pas au nom d’un statut, d’une profession ou d’une compétence particulière. Les intervenant/e/s sont libres de proposer le thème qu’ils/elles souhaitent aborder sans aucune restriction thématique.

Les interventions proposées sont limitées à une heure avec une présentation d’environ vingt minutes par l’intervenant, suivie d’un débat d’une quarantaine de minutes avec les personnes présentes sur l’espace dédié. Ce dispositif permet à la parole de tout un chacun d’être écoutée et de circuler, et d’éviter un schéma trop vertical où l’intervenant laisse peu de place à la parole des auditeurs. L’ensemble des principes qui régissent notre activité a été défini dans une charte, adoptée le 39 mars (8 avril). « Notre fonction est avant tout organisationnelle mais chacun/e de nous reste libre de s’exprimer lors des débats ; le sujet est choisi par l’intervenant/e ; ses propos n’engagent que lui/elle et pas Debout Éducation Populaire. »

Debout Education populaire fonctionne par conséquent et avant tout comme un dispositif ouvert mis à disposition des individus pour s’exprimer, échanger, apprendre (et souvent contester), proposant ainsi plus une forme qu’un contenu contestataire au sein de l’espace public. Une volonté d’être un dispositif démocratique mis à disposition des citoyens qui est clairement mise en avant dans la charte.

Pendant les premiers mois de présence sur la place, les intervenants, participants et membres de la commission étaient très nombreux, permettant une occupation 5 jours sur 7. Au fil des mois, les interventions et volontaires étant moins nombreux, notre mouvement va s’alléger en termes de dispositif et passer à une occupation trois jours par semaine, puis à des interventions limitées au week-end. Les participants sont composés généralement d’habitués, souvent les premiers présents et les plus impliqués dans les débats, d’informés ou de passants sur la place.

Les autres commissions de Nuit Debout viennent aussi y intervenir et témoigner. Le 55 mars (24 avril), le site EducPopDebout.org a été lancé dans le but de rendre accessible au plus grand nombre les interventions enregistrées sur la place et postées sur le site Mixcloud. A ce jour, il référence plus de 250 articles comprenant l’enregistrement de chaque intervention, et les informations qui lui sont liées. Nous avons également recours à Facebook, Twitter et Youtube, à Démosphère, et au Périscope des Reporters Debout pour relayer notre activité et interagir avec le public hors de la place.

En vrac, grâce aussi bien aux intervenant/e/s qu’aux participant/e/s, Debout Education Populaire a ouvert un nouvel espace à la critique du capitalisme, du travail et exploré les alternatives disponibles au système actuel (écologie-décroissance-communs-DIY). On a parlé de figures politiques et intellectuelles, échangé sur des sujets aussi divers que les piratesses, l’art, la psychiatrie, la monnaie, le racisme et l’humour. Sur les questions internationales, on a eu des interventions sur les traités de libre-échange, la domination du dollar, les lobbies pharmaceutiques, l’ONU, la politique dans le Caucase, les crises politiques au Brésil, au Gabon, le conflit israélo-palestinien et un témoignage sur le Kurdistan Syrien. De nombreuses interventions sur les communs, le mouvement des places, les pratiques de la démocratie, les situations révolutionnaires, les modes de vie alternatifs (ZAD, AMAP, LAP) et la Nuit Debout ont également pris une part conséquente au sein de notre programmation.  On a rencontré [provoqué ?] des débats enflammés autour de questions telles que la prostitution, la laïcité ou l’éducation. Nous avons parlé de l’histoire des luttes féministes, du droit à l’avortement et de la question de la violence faite aux femmes. Des questions plus techniques telles que le transhumanisme, le dihydrogène, la géo-ingénierie, la sociocratie, les perturbateurs endocriniens, la blockchain ou le nucléaire ont également été abordés. On a pratiqué la boxe, la philosophie, la pensée complexe, le théâtre, le graphisme… Et bien d’autres choses encore !

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Rassemblement contre la corruption des élus

par Gazette Debout

Dimanche 19 février, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans toute la France pour lutter contre la corruption des élus. Cet évènement a été initié par un simple citoyen via Facebook. Avec plus de 11 000 inscrits à Paris, la place de la République était noire de monde, comme à la belle époque de Nuit Debout. En qualité de co-déclarants et d’organisateurs de l’Assemblée de 16h, Nuit Debout était présent sur la place dès 13h, tout comme la commission Debout Education Populaire. Retour sur un dimanche de contestation pacifique, qui préfigure un beau printemps de mobilisation.  

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.

Pourquoi ce rassemblement ? 

Vincent, l’initiateur de l’événement, présente sa démarche, explique ce qui l’a poussé à appeler à ce rassemblement. Il s’agit évidemment de l’affaire dans laquelle François Fillon est empêtrée. Bien qu’attristé par la désinvolture du candidat de la droite qui « se cache derrière la légalité de ses actes pour échapper au vrai problème qui est la légitimité de ses actes en tant que représentant élu ». Il affirme qu’il n’est ici question de parler du « problème de ce pauvre homme qui n’a jamais sans doute su quelles étaient les limites de l’indécence ». Il rappelle au passage que sociologiquement, nous sommes tous définis par notre condition. Selon lui, le problème qui doit être traité aujourd’hui est celui de la représentation politique en général et du contrôle des élus « que nous n’exerçons pas assez ». Le défaut de notre système de représentation politique politique repose sur la liberté légalisée que les élus ont de pervertir les intérêts publics en intérêts privés. Les citoyens ne sont ni entendus, ni respectés. La rupture créée entre les élus et les citoyens produit un espace propice à l’extrême droite, qui ne cherche qu’à accéder au pouvoir pour profiter de ce même système. Il dénonce fermement les manoeuvres du FN et ses idées politiques (racisme, exclusion).
Sous les applaudissements, il appelle à une politique solidaire où les richesses sont mieux distribuées, l’exil fiscal rendu impossible ainsi qu’une politique humaniste « où l’autre est d’abord envisagé comme un soutien, avant d’être perçu comme un ennemi ». Il souhaite un contrôle des élus pour qu’il soit impossible qu’ils « fassent autre chose que ce pourquoi ils sont investis du pouvoir ».
Il annonce le début de l’Assemblée Générale et invite les participants à discuter de trois grandes questions :
  •  décider de nos revendications : « qu’est-ce qu’on veut, et pourquoi on le veut? ». Synthétiser afin d’avoir des exigences simples, claires, fortes autour desquelles un maximum de personnes peuvent se réunir pour peser et gagner.
  • Décider de comment faire pour amplifier le mouvement. Il propose le principe de la « meute animale » : la majorité soumet la minorité par le nombre et non pas par la violence. Il parle alors de la violence qui n’apporte que la dispersion, l’affaiblissement du collectif, le traumatisme ou la vengeance, et rend donc impossible la solidarité future, à part la solidarité de clans. Il faut une déferlante pacifique énorme. Il faut dès à présent grossir la mobilisation, par l’organisation et l’entretient permanent de cette « niaque » qui, à l’instar de l’indignation, constitue une force majeure.
  • Former un comité de mobilisation : une équipe de gens qui souhaiteraient créer et gérer la suite du mouvement. Par exemple : une page internet avec un agenda, les compte-rendu d’action, de discussion. Gérer les dépôts de déclaration pour les AG, l’ordre du jour des AG, les relations avec la presse Il propose également que ce comité puisse « tourner » chaque semaine. Il remercie l’assemblée et Nuit Debout Paris République qui a fourni la logistique, la déclaration en préfecture et qui a proposé d’organiser cette assemblée.
Applaudissements, bruits de casseroles, « Merci Vincent! Merci Nuit Debout! »

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.

L’Assemblée générale « Libérez Pénélope ! « 

La modératrice demande aux personnes présentes de s’assoir et de former des couloirs. Elle présente les preneurs de parole, situés en bout de chaque couloirs. Elle rappelle les règles de l’assemblée : pas de réponses directes (trop de nombre) ; pas de sérénité/service d’ordre : on est tous capables de « veiller les uns sur les autres » ; la bienveillance doit être le maître mot de cette assemblée ; pas de discrimination dans les propos, pas de violence verbale ou physique.
la première personne à intervenir est une femme. Elle lance un manifeste, « un appel à la raison en vue de faire reconnaitre nos véritables droits dans l’égalité la la légalité ». Elle rappelle la concentration des grands groupes de presse et des médias, tous fortement liés au pouvoir politique. Elle parle de démocratie athénienne, de la révolution française. Elle cite l’homme politique Emmanuel-Joseph Sieyès : « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » Elle rappelle que les dirigeants politiques sont issus de quelques grandes écoles. 15% des plus aisés de la population française représentent 90% des élus au parlement. Face à cette situation, elle propose la reconnaissance du vote blanc.
L’intervenant suivant remercie le président Hollande dont l’absence garantit le beau temps de ce dimanche. Il remercie également François Fillon car c’est grâce à lui que ce rassemblement a pu avoir lieu. Il rappelle que ce que Fillon juge légal, « nous » le jugeons illégal. Il donne quelques chiffres : 920 parlementaires en France ; 20 000 euros par mois ; entre 2012 et 2016,  1225 votes à l’assemblée ont été passés par seulement 65% des élus. Il demande à ce que le nombre des députés soit divisé par trois et que leurs salaires soient revus à la baisse et que ceux qui veulent des sous cherchent des primes d’assiduité. Un autre intervenant explique que les hommes et femmes politiques ne sont que « du petit personnel » des grandes fortunes de France, des actionnaires du CAC40. Il propose d’exproprier la bourgeoisie, d’abolir les rapports d’exploitation. Il présente Plateforme2016, constituée au sein de Nuit Debout. Il propose le plafonnement des revenus : quatre fois le revenu minimum qui doit être de 1500 euros. Il demande un positionnement de l’Assemblée sur le plafonnement des revenus à 5000 euros par mois. Il appelle l’instauration immédiate de la démocratie dans les entreprises.
Le suivant appelle chacun.e à regarder son/sa voisin.e, d’admirer sa beauté et lui offrir son amour. Car, selon lui, « c’est l’amour qui va nous porter au-delà de la puanteur actuelle ». Il remercie aussi François Fillon d’avoir porté au grand jour les moeurs du monde politique, de ceux qu’il appelle « le personnel de direction des institutions de la république, qui ne sont jamais que nos serviteurs ». Il appelle à prononcer leur licenciement collectif (applaudissements/casseroles).  La corruption n’est pas seulement celle des élus, on la retrouve dans les ministères (Santé, Justice). Il fustige la loi de l’omerta et du silence, qui profite à la mafia des hauts placés de la fonction publique. « L’Assemblée Nationale n’est plus crédible, elle n’est plus légitime et c’est à nous de nous donner les moyens, par des volontaires tirés au sort des représentants de la population, de reprendre le pouvoir ». Une représentante du Comité des Assistantes Parlementaires en Souffrance pousse un coup de gueule : « Stigmatisées, montrées du doigt, victimisées ! 3878 euros par mois, qu’est-ce que c’est, je vous le demande! ». Ses pensées vont à sa collègue Pénélope (rires). Elle lance « Libérez Pénélope ! Pénélope tu es mon idole! Vive Fillon, vive la république, vive la France! » (casseroles, rires et applaudissements).

Marcher sur l’Assemblée nationale pour dénoncer la corruption

La personne suivante tient à revenir sur le sens des mots, et notamment celui de « démocratie ».   On ne vit pas dans une vraie démocratie, on ne choisi pas les personnes pour lesquelles on vote : ce sont les médias (tenus par des milliardaires) et les partis politiques. Il parle de l’Union Européenne, de la Banque Centrale et de l’OTAN et appelle à ne pas laisser ces sujets au seul Front National. Il rejette la république présidentielle car « on a pas besoin d’une monarchie élective ». Il appelle à virer tous les politiques, qui n’ont aucune légitimité. L’intervenant suivant assure ne pas être un grand révolutionnaire. Il s’étonne du nombre de pancartes anti-Fillon ; or, celui-ci n’est pas le seul concerné. Il critique le fait de discuter pendant des heures et des heures, « de s’enfermer ensemble sur une place de la République autour de laquelle les automobiles circulent ». Il appelle à manifester « clairement » et « durement » « notre volonté de mettre fin à la corruption. Il propose que l’assemblée demande à ses organisateurs de tenir une réunion ayant pour but d’organiser une marche sur l’Assemblée Nationale en semaine (applaudissements qui marquent une approbation quasi unanime). « C’est la République qui est en danger, et pas ses élus! ». Il demande de créer une page sur Facebook, indépendamment des rencontres syndicales et autres organisations, intitulée « pour une marche sur l’Assemblée Nationale, contre la corruption. »

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.

C’est mainstenant une femme qui prend la parole. Elle rappelle que eux jours auparavant, l’Assemblée Nationale a voté une loi qui vise à multiplier par deux les délais pour les délits. Le garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas a fait passer les délais financier dans la catégories de « vols de mobilettes et de fromages » et que depuis, les délits financiers ne pourront être poursuivis que douze ans après avoir été commis (bouuuh). Il suffit donc de planquer son argent pendant douze ans, pour ensuit pouvoir en profiter en toute impunité. Cet amendement doit être retiré. Un élu à Puteaux (haut-de-Seine) prend ensuite la parole. Il est à l’origine d’une pétition qui a déjà recueilli plus de 400 000 signatures : « Pénélope, remboursez-nous ». Il remarque que les dirigeants ne répondent pas aux citoyens lorsque ceux-ci se mobilisent. Il condamne le « tous pourris ». La corruption n’est pas une question de personnes mais un problème d’organisation de la démocratie. Il propose une loi citoyenne de transparence : « à partir du moment où les élus reçoivent des crédits pour mener leurs combats, ils doivent justifier leurs dépenses et les publier en ligne sur un site. Ainsi, chaque citoyen pourra vérifier la manière dont son élu dépense les deniers publics ». Il appelle à aller à la rencontre des candidats et des militants pour leur demander de faire de la lutte contre la corruption l’un des thèmes de campagnes de leur parti.

Nos droits contre leurs privilèges

Un intervenant présente le « référendum d’initiative partagé » (article 11 de la Constitution) : « un référendum peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du parlement, soutenus par un dixième des électeurs. cette initiative prend la forme d’une proposition de loi. le président de la république la soumet au référendum; lorsque le référendum est positif, le président promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation. ». Il propose donc un référendum d’initiative partagé, récolter le soutien de 4,5 millions de personnes. Il existe un site RDP confiance pour soutenir et rejoindre cette initiative.
Quelqu’un propose une petite pause sémantique. Il invite à bannir un certain nombre d’expressions dans les slogans, les pancartes etc. « Traiter les flics d’encuvés, c’est pas les flics qui sont insultés. Traiter Marine Le Pen de pute, c’est pas sympa pour les travailleuses du sexe. » (applaudissement). Le suivant intervient sur les privilèges : les députés ne payent pas le train en première classe à vie ! Quarante aller-retours en avions gratuits par an. Ils ont de très bonnes retraites (même Mélenchon). Les sénateurs ne payent pas leurs lunettes. Il appelle à prendre exemple sur les Roumains. La modératrice annonce une nouvelle mobilisation le dimanche prochain (26 février) à 15h : « nos droits contre leurs privilèges ». L’intervenante suivante est de Nuit Debout Power LSF (Langue des Signes Française). Son objectif est pour l’inscription de la LSF dans la constitution de la 6ème République. Demande de financement de l’accessibilité complète de la langue des signes en France afin de garantir l’égalité pour tou.te.s. La page Facebook est ici. 

Manifestation contre la corruption à Marseille le dimanche 19 février.

Un intervenant nous fait part de trois émotions : l’inquiétude – la République est mise en danger – la volonté de se réunir pour traiter le sujet de la corruption et l’espoir – tout est encore possible. L’affaire Fillon est une violation de la morale. Le peuple doit se mobiliser pour appeler à ce que les dirigeants soient vertueux, par delà la loi. Le peuple a aussi perdu la vision de la vertu républicaine ; il demande des élites qui servent le public et non leurs intérêts privé. Il propose de « se retrouver chaque dimanche pour demander des mesures claires pour que justice soit faite et pour que la circulation des élites et le renouvellement de ces élites se fasse véritablement ». Un autre intervenant rappelle que le problème ne concerne pas des individus mais un système, d’une « règle du jeu ». La personne suivante s’interroge sur la capacité d’une représentation politique qui partage la même représentation sociale de défendre l’intérêt général. Cela lui semble impossible. Il propose la mise en place d’une « parité sociale » dans la 6ème République : tirer au sort parmi un panel de volontaires des citoyens et, parmi ces représentants, toutes les classes de salaires devront être représentées. Pendant leurs mandats, ils ne seront pas rémunérés en tant qu’élus, mais continueront à recevoir le salaire qu’ils avaient durant la vie civile.
Un intervenant parle de l’indignation quotidienne : elle ne se voit pas hors de la place de la République ce dimanche. Il propose que chacun.e se confectionne un bout de tissu blanc et de le porter au bras droit pour manifester son indignation et sa volonté de vivre dans la paix, l’harmonie et le respect des valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité. Un autre demande des « sanctions exemplaires » contre ceux qui sont condamnés par la justice. Il prend l’exemple de Christine Lagarde (sifflets, bouuuh). Il propose que tout élu condamné par la justice soit « inéligible à vie ». Lorsque des sommes sont détournées et cachées à  l’étranger, elles doivent êtres remboursées au triple. Qu’il soit interdit aux élus d’engager des membres de leur famille. Une intervenante vient témoigner de l’impact de documentaires tels que Les nouveaux chiens de garde. La crise est systémique ; tout est à revoir. Elle cite l’exemple de l’Islande où des banquiers ont été mis en prison pour des dizaines d’années. Il faut aussi mettre la pression à  la justice : se bouger devant le ministère et les palais de justice. Il faut inviter ses proches à aller se renseigner sur : Les nouveaux chiens de garde, l’Islande, la loi économique Rotschild de 1973. Il faut construire un « décodex inversé » (comme celui développé par le Monde) pour déconstruire les mensonges du pouvoir. Autre propositions : « voter directement nos propres lois et pas désigner des maîtres pour voter nos lois ». On a les moyens technologiques.
La modératrice fait alors une annonce concernant le camion de la logistique des organisateurs de l’Assemblée (nuit Debout Paris République). Il y a besoin de réparer son embrayage. Les dons sont bienvenus. Une cagnotte en ligne a également été lancée. 

Construire une République des assemblées

L’intervenant suivant accuse tout le système corrompu, « pourri par le fric, par l’argent de l’exploitation, par l’argent de travailleurs pauvres, des travailleurs exploités, de la majorité salariée du pays qui souffre ; et les autres en haut qui se gavent. Le pays est pourri par la tête, et c’est cette tête-là qu’il faut couper! ». Les Fillon et compagnie sont accusés de faire empirer les conditions de travail de la majorité dans un environnement « pollué, vicié par leur industrie dégueulasse ». Les insultes et accusations pleuvent. Il continue : « Oui : c’est une révolution qu’il faut préparer ! C’est notre libération! Nous ne sommes pas libres! Nous sommes comme des esclaves! […] Nous sommes un pays occupé par la mafia de l’argent! ». Il propose de discuter des objectifs de lutte et « mettre en pratique » ces objectifs qui auront été déterminés démocratiquement. « Des propositions, on en a tout un cahier ». Il en vlitre quelques unes : inéligibilité de tous ceux qui ont trempé dans les affaires ; la révocabilité des élus, le mandat impératif des élus ; la fin de cette fausse démocratie représentative et son remplacement par une démocratie directe. Il considère pour sa part que seuls sont citoyens ceux qui prennent part aux décisions et donc que seuls les députés et les actionnaires ont droit de cité dans ce pays. Nous sommes des esclaves. « Nous voulons décider dans nos assemblées,  comme aujourd’hui, et nous voulons multiplier ces assemblées, coordonner ces assemblées, construire une république des assemblées, des conseils de travailleurs, des conseils d’habitants avec des élus mandatés et révocables ».

Manifestation contre la corruption à Lyon le dimanche 19 février.

L’intervenante suivante annonce avoir révélé il y a 6 mois une fraude immobilière de 300 millions d’euros qui mêle un gouvernement, la SNCF et la Mairie de Paris. Une famille subit les conséquences de cette fraude jusqu’à aujourd’hui. Elle lance un appel à  l’aide. Ensuite, c’est Camille, un membre de la Coordination de Nuit Debout Paris République, qui prend la parole. Il propose de construire du solide, « aller jusqu’au bout », c’est-à-dire de réécrire les règles du jeu, former des assemblées constituantes sur toutes les places de France, constituer des jury citoyens. Il donne des dates : 31-32-33 mars sur les places avec les Nuit Debout partout en France. Le 22 avril : premier tour social sur les places. Le 23 avril , Jour Debout. Il invite chacun à s’investir, participer, notamment en terme de logistique. Il donne une adresse pour contacter la coordination : acparisrepu@riseup.net. La modératrice ajoute une autre date : le 19 mars pour la grande marche pour la justice et la dignité (Nation à République).
Un anonyme qui a vécu dans la rue à Paris (il est logé depuis seulement deux ans) témoigne des difficultés dont certains marginaux sont victimes. Il condamne les vendeurs de sommeil, la prison. Il conclu en disant que Nuit Debout lui a fait beaucoup de bien à un moment où il était au bord du suicide. « J’ai vu des vraies âmes, des vrais gens, des gens qui ont du coeur, que je connaissais pas ». L’intervenant suivante condamne les privilèges. Elle propose de « relancer un grand mouvement déterminé, pacifique » qui marche vers l’Assemblée Nationale sans subir la répression policière et médiatique. Elle propose une grande pétition : « élections non merci ». « Exigeons de l’Etat qu’il mette au service des citoyens des Etats Généraux au service des citoyens pour élaborer un nouveau système ».

Prendre exemple sur la Roumanie

Un collectif « du 23 avril » est actif depuis 2012 : il propose de tourner le dos au système politique. Il présente sa campagne artistique pour les prochaines élections. Il faut montrer aux politiques qu’on ne se sent plus représentés par eux. Il invite chacun.e à se prendre en photo de dos sur un fond blanc, l’envoyer sur le site et l’imprimer pour aller la coller sur les affiches électorales. C’est un « Anonymous-LVT14 » qui prend ensuite la parole. Il parle de l’affaire Théo. Il rappelle que son collectif a soutenu la police durant un ou deux mois et que depuis, une « structure » a été mise en place, visant à faire attaquer la police par les jeunes de banlieue. Il appelle à la raison, au calme et promet que bientôt il sera temps de sortir en force pour renverser le système et foutre en prison un grand nombre de dirigeants politiques (Sarkozy, Valls, Fillon, Hollande, Lagarde etc…). L’intervenant suivant déclare que la sécurité « n’est pas possible ». Il condamne la corruption de tous ceux qui ont du pouvoir et annonce que c’est fini. « Nous sommes en danger permanent ». Il prend l’exemple du nucléaire, appelle à sortir du système. Un autre parle de la « révolution » et condamne la « violence ». La résistance est partout, dans de nombreux pays. Il appelle à prendre exemple sur la Roumanie. Il annonce l’Opération crescendo contre la justice le 25 février à Trocadéro.

Manifestation contre la corruption le dimanche 19 février.

Un ancien modérateur à Nuit Debout répond à une personne qui avait critiqué plus tôt la « masturbation publique » qui avait cours sur la place : « la masturbation publique est une des plus vieilles manifestations pour l’auto-organisation, inventée par Diogène il y a bien longtemps ». Pour manifester au quotidien contre les abus des élus, il faut adopter le drapeau roumain, le porter quotidiennement. Il propose de demander la démissions de Jean-Jacques Urvoas, Ministre de la Justice, à l’origine des récentes lois d’impunité (financières et policières). Il propose de lancer une opération « de violence symbolique » : « un avion pour les Fillon ». Afin de ne pas diluer les responsabilité ; il rajoute « on les prendra un par un s’il le faut ». Il propose donc de bannir Fillon : quête publique pour payer un billet d’avion pour les Fillon pour la Russie. L’intervenant suivant s’occupe du pointage de toutes les villes pour le lancement de la campagne contre la corruption : « on en est à quarante villes pour ce premier lancement ». Elle invite chacun.e à gagner en méthode. Elle propose de diffuser des « modes d’emplois » pour monter des inventaires de la corruption département par département. Elle est en contact avec « un leader roumain » pour lancer une mobilisation européenne contre la corruption.

Marcher sur l’Assemblée nationale

Un jeune homme de 23 ans prend la parole pour la première fois. Il pose une question : sommes nous étonnés de toutes ces affaires ? (Noooon!!) Il critique le fait que la politique soit devenue un divertissement. Il critique donc la façon dont la politique est conçue par ses professionnels élus : une oligarchie économique et politique. Il appelle à l’action et hurle à la Macron « Vive la France ! Vive la République ! ». L’intervenant suivant rappelle l’action des lanceurs d’alerte et la mobilisation d’Anticor contre Chirac, de Sauvons les riches contre Dassault. Cette semaine, une plainte a été déposée contre Christine Lagarde qui a donné 2 milliards d’euros dans l’affaire Kerviel. Il appelle à faire le ménage des corrompus (citant des noms) et à soutenir les candidats « exemplaires ». Il donne l’exemple de François Ruffin. Il rappelle que les députés sont les employés du peuple : leurs dépenses doivent être faites sur justificatif et non au forfait. Mercredi 22 février, le bureau de l’AN se réunit. Il n’y a rien à l’ordre du jour. Il appelle à un rassemblement mardi 22 février au soir pour fixer cet ordre du jour : transparence sur les indemnités, révocabilité des élus, transparence sur les clients pour ceux qui sont en conflit d’intérêt.
L’intervenant suivant appelle à des règles pour contrôler les pouvoirs. Ne pas faire confiance aux élus pour les écrire. Il critique le terme 6ème République et propose de parler de Première Démocratie, sous les applaudissements. « Ecrivons nous même notre constitution. Il faut utiliser l’outil du tirage au sort avec des procédures de débat, de contrôle, de transparence, de formation ». Il annonce une relance des ateliers constituants le 32 mars et une réunion publique le 25 février à la bourse du travail. Un autre intervenant appelle à ce que les gens se rassemblent tous les dimanches. Un « simple citoyen » rappelle la date du 4 août 1789, qu’il juge essentielle et pourtant passée sous silence par les élus. Il appelle à une nouvelle nuit du 4 août. L’intervenant suivant vient parler de François Fillon et de sa défense, qu’il détruit. Il parle du Brésil et de la dictature qui n’a pas disparu. Il défend les journalistes et rejette ceux qui sont « tous pourris ». Il parle de la manipulation d’opinion publique pratiquée sur internet par des groupuscules d’extrême droite. Il appelle tout le monde à ne pas liker les pages des boîtes qui ne payent pas d’impôt en France (genre Macdo). « Soyez des consommacteurs! ».

Manifestation contre la corruption à Marseille le dimanche 19 février.

Une personne venue de Reims vient parler de la question étudiante. « Les 900 000 euros de Pénélope on les veut dans nos facs ! ». Une autre appel à la multiplication des rassemblements et des échanges. Un CRS prend la parole. Il annonce ne plus vouloir suivre les ordres de sa hiérarchie. Aujourd’hui il n’est plus sur le terrain. Il présente un point commun : « nous voulons tous changer le système ». Il espère que les élections n’auront pas lieu. Il remercie Philippe Pascot Pilleurs d’Etats qui lui a ouvert les yeux. « Oui, j’ai été un électeur du Front National. Mais aujourd’hui je compte bien lui faire barrage » (bravo!). Il lit ses notes. « Nous avons le record du monde du nombre d’élus » (Pilleurs d’Etats). Il dit qu’il est prêt à laisser sa vie pour la révolution. Une femme prend la parole pour appeler à une union entre les précaires, les banlieues et les classes moyennes. « Pas de justice, pas de paix ! » Elle appelle à prendre l’Assemblée Nationale pour la transformer en Assemblée Populaire. L’intervenant suivant appelle à une marche vers l’assemblée pour abolir les privilèges des élus.
Antoine de la commission Jury Citoyen présente les travaux sur la démocratie, réalisés avec de nombreux collectifs, dont Nuit Debout Rennes. Il présente quelques unes des mesures proposées à propos des statuts des élus, de la démocratie directe, d’une nouvelle constitution, du Sénat citoyen, des médias. Une grande pétition sera lancée à l’occasion du 32Mars. Une femme salue les luttes menées depuis le printemps qui ont rendu possible ce rassemblement. Fillon est un cas particulier parce qu’il se présente à la présidence alors qu’il a volé de l’argent public. Elle demande son désistement ainsi qu’une nouvelle constitution avec transparence, révocabilité et observatoire des élus. Elle annonce un premier tour social le 22 avril avec tous les travailleurs en lutte. Elle appelle à rejoindre les luttes en cours dans les quartiers populaire et ne pas se taire devant ce qui est arrivé à Théo.

Continuer malgré les soucis techniques

Un personne qui se présente comme une « grande gueule » fait part de son plaisir de voir tant de monde. Il pense que le moment de l’action est arrivé. Est-ce la puissance de sa voix ou la fatigue d’une sono mise à l’épreuve par plus de deux heures de discours enflammés ? Le tweeter (haut parleur aigu) de la sono lâche soudain. Il va donc se passer plusieurs minutes de questionnements techniques et de mobilisation de la logistique de Nuit Debout pour que la parole reprenne avec l’aide de la petite sono de Debout Education Populaire, qui offre la possibilité d’enregistrer sur clé usb (à partir de 2h13 sur l’enregistrement final). Pour la réparation de la sono et l’achat d’un limiter, une cagnotte en ligne est lancée. Ces quelques minutes s’accompagnent d’une lente dispersion. Lorsque les interventions reprennent, il n’y a plus qu’un petit millier de personnes présentes. Il est 17h45 et la nuit pointe son nez.
La modératrice lance un appel à participation pour les prochaines assemblées. Un contact : acparisrepu@riseup.net. Une personne prend la parole pour parler, documents à l’appui, d’un cas précis de corruption : l’arnaque de plus de 60 000 PME en France et à l’étranger classée sans suite par la justice. Elle pense que les amendements de prescription récemment votés ont surement pour objectif de protéger les personnes impliquées dans ce scandale. Elle invite tout le monde à aller visionner ses vidéos (Neggaoui Leila). Une autre personne intervient pour appeler à la légalisation du cannabis. Les trafics alimentent la corruption des différents milieux politiques, policiers et économiques. La légalisation c’est la fin de la corruption, de la délation, des règlements de comptes, de la guerre sociale, des douleurs pour les gens qui souffrent. Le 29 avril, une marche mondiale est organisée à 14h à Bastille pour demander la liberté de s’amuser, de cultiver et se soigner librement. 

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.

Un autre intervenant condamne la tartufferie de Fillon qui accuse les jeunes alors que c’est lui le voleur. Il propose de fusionner le Sénat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et d’y faire siéger des citoyens tirés au sort. Une autre personne fait un rappel. Elle demande à ce qu’on évite de trop se fixer sur le seul Fillon. Elle appelle à l’indignation (elle évoque Stéphane Hessel). Ensuite, c’est le fameux Philippe Pascot qui prend la parole. Il rappelle qu’il est un ancien élu qui a travaillé avec Manuel Valls. Il remercie la mobilisation pour que les élus doivent avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter. Il y voit une victoire et une leçon : chacun peut faire bouger les choses, même depuis son ordinateur. Il rappelle son travail de révélation (trois livres écrits). Il condamne la réélections d’élus coupables de violences contre les femmes ou actes de corruption. Il répète que « l’abstention fait le jeu des élus », signalant que certains sont élus avec seulement 10% des inscrits.
Une jeune fille prend la parole pour parler de la police et de la manifestation du samedi 18 février pour dénoncer le viol de Théo et les autres crimes policiers. Pourquoi la justice est-elle si laxiste avec les politiques et les policiers ? Il faut s’attaquer à la justice. Elle appelle à faire barrage au FN par le vote. L’intervenant suivant propose à chacun de se présenter à l’élection présidentielle.

« Il ne faudra pas nous obliger à être violents »

Une femme prend la parole pour saluer tout le monde. « On restera debout jusqu’au bout! » (ouaiiiis, applaudissement). Elle parle de toutes les victimes de scribes policiers et annonce : « tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix !« . Elle témoigne de ses privilèges de retraité soixante-huitarde et les compare à la discrimination que subit son fils qui a un prénom arabe. Elle parle d’un ouvrage La société contre l’Etat qui parle de l’expérience des indiens d’Amérique : le pouvoir corrompt, donc on se limite à des institutions locales. Elle le répète : « L’Etat c’est la guerre ». Elle cite Louise Michelle à son retour de Nouvelle-Calédonie Aux citoyennes de Paris (1883) : « Il faut bien qu’il meurt ce vieux monde, puisque nul n’y est plus en sureté, puisque l’instinct de conservation de la race humaine s’éveille et que, chacun pris d’inquiétude ne respirant plus dans la ruine pestilentielle jette un regard désespéré vers l’horizon » et concluait « si l’amour de l’humanité est impuissant à faire sonner l’heure libératrice à l’horloge fraternitaire, le crime n’aura plus de place l’indignation s’en chargera. la haine est pure comme l’acier, forte comme la hache. Et si l’amour est stérile, vive la haine. ». L’intervenante conclut avec ces mots : « Pour que l’amour gagne, d’accord, mais faudra pas nous obliger à être violents. »
 

Manifestation contre la corruption à Marseille le dimanche 19 février.

L’intervenante suivante parle de l’héritage. Elle rappelle qu’il s’agit d’un sujet très difficile à aborder. Elle appelle à l’abolition de l’héritage afin que chacun parte avec les mêmes moyens. Un jeune homme demande pourquoi une réunion comme Nuit Debout ne serait pas autorisée en banlieue ? « La démocratie elle est au service des riches. c’est un truc de riches, c’est une illusion et des conneries. » . Selon lui, à plus de 5 millions d’habitants, la démocratie n’est pas possible. Il propose la dictature du prolétariat. Il condamne la consommation de cannabis. Il faudrait aller à l’Assemblée Nationale avec des armes et faire comme en 1917 en Russie et instaurer la dictature du prolétariat sur le modèle de l’URSS. De nombreuses personnes lui répondent mais il n’en démord pas.
Un jeune homme de 16 ans condamne le fait qu’il ne peut voter. Il déclare qu’à cet âge on peut s’engager en politique. Il demande la reconnaissance du vote blanc. Il appelle à marcher vers l’Assemblée Nationale. Un autre intervenant revient sur la gratuité des transports pour les élus. Pourquoi pas nous aussi ? Les TGV passent en priorité. Il demande que Fillon et les autres soient mis au RSA. Hollande ne représente rien, à peine 20%, voir moins. Sur le pacifisme, il interroge le pacifisme des forces de l’ordre. Il rappelle que les policiers ont eu le permis de tuer. « le jour où on voudra changer les choses, il faudra bien prendre les armes ». La modératrice refait une demande de dons pour payer la réparation du camion et de la sono. Elle invite aussi à rejoindre l’équipe d’organisation et de modération de l’assemblée.
L’intervenant suivant apporte un témoignage sur une grave affaire de corruption en bande organisée. Un grand groupe a démoli un série de startups qui inventait des processus de production de combustibles renouvelables (biomasse). Ce groupe a agressé et menacé de mort les techniciens, détruit les laboratoires, volé les stocks pour ensuite tout faire liquider par un tribunal de commerce. Il existe un dossier de 1400 pages sur cette affaire. Il en appelle au président de la République « pour que la justice soit faite et non le tabassage des jeunes ».
Une personne qui était déjà intervenue reprend la parole pour revenir sur les perspectives d’actions et proposer un mot d’ordre : Fillon et les autres qui sont mouillés doivent dégager. Il parle de la révocation des élus, du mandat opératif, de la remise en question de la constitution. Il faut se fixer deux-trois objectifs politiques et une date de mobilisation, de manifestation. Il propose le mercredi 8 février.

« Egalité ? Mon oeil ! « 

Le periscopeur de l’assemblée prend la parole pour rendre hommage à tous ceux qui se sont battus, ceux qui ont été blessés, ceux qui sont morts. Il rappelle que la question du vote blanc, qui est revenue dans de nombreuses interventions est portée avec force. Il existe une pétition qui a déjà recueilli plus de 218 000 signatures. « Il en manque encore quelques millions ». Ensuite, une petite fille de 9 ans et demi prend la parole pour remarquer qu’on est pas égaux avec les élus. « Egalité mon oeil ! ». Tous ces problèmes viennent du mensonge et de la bêtise. Les élus nous manipulent et nous on fait n’importe quoi en retour. (applaudissements).

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.

La personne suivante précise que c’est la première fois qu’elle participe à un rassemblement et considère qu’il n’y avait pas assez de monde sur la place cet après-midi. Pourquoi ? On est tous responsables de la mobilisation de notre entourage (amis, familles). Il y a un grand danger de conserver des individus comme Fillon être au pouvoir. Nous sommes responsables de l’état dans lequel se trouve le pays (corruption endémique). Les élus doivent nous rendre des comptes et pas l’inverse.
L’un des preneurs de parole intervient. Il remercie tout le monde pour leur présence. Selon lui, l’Assemblée Nationale ne représente pas la population. Il appelle à prendre la rue et mettre en prison les élus jugés coupables. Un bluesman vient jouer un coup d’harmonica pour exprimer son ras-le-bol et son plaisir. L’intervenant suivant critique le vote blanc et l’indignation : « ça va pas changer la face de la terre ! ». Le suffrage universel a permis à Hitler d’être élu. Aujourd’hui Trump et demain Le Pen ? Il oppose à la dictature de la bourgeoisie, la démocratie directe. Dans un système dirigé par des patrons et autres, la corruption est bien normale. Il faut instaurer la démocratie dans les entreprises et abolir l’exploitation des travailleurs. « Il faut couper le mal à  la racine ! ».
Un des premiers Nuitdeboutistes prend la parole pour raconter les occupations de 2015 et 2016 et appelle à la mobilisation de tous sur la place. Celui qui a parlée plus tôt des journalistes vient nous parler d’une vidéo de Fillon qui critiquait fin 2016 le fait que les journalistes passaient sous silence les affaires et scandales politiques.
La modératrice conclut en annonçant la prochaine publication d’un CR et en appelant à la construction d’un site qui accueillerait les propositions et les comptes-rendus des assemblées. Elle annonce le même rendez-vous dimanche prochain 15h. Allez sur le site pour consulter les propositions recueillies et s’organiser en conséquence. L’assemblée prend fin. Il est 19h.
Pour revivre cette assemblée vous pouvez écouter cet enregistrement audio ou visionner cette vidéo périscope

Calendrier des prochaines dates  

Mardi 21 février : rassemblement le soir pour préparer collectivement l’ordre du jour du bureau de l’Assemblée Nationale du mercredi matin : transparence sur les indemnités, révocabilité des élus, transparence sur les clients pour ceux qui sont en conflit d’intérêt.
Samedi 25 février 13 h: réunion pour discuter des propositions sur la démocratie à la bourse du travail.
Dimanche 26 février à 15h : manifestation à République « nos droits contre leurs privilèges »
Mercredi 1er Mars : Marche vers l’Assemblée Nationale 14h contre la corruption (à confirmer)
Mercredi 8 mars : manifestation/marche/action contre la corruption (a discuter lors de la prochaine assemblée)
Dimanche 19 mars : grande marche pour la justice et la dignité 14h à Nation.
31-32-33 mars : week-end national Nuit Debout et Fête de l’Engagement le 1er avril sur la place de la République.
Samedi 29 avril :  marche mondiale pour la légalisation du cannabis à 14h à Bastille.

 




Repenser la démocratie grâce à Nuit Debout

par Gazette Debout

Depuis avril 2016, des commissions « Démocratie » et « Education populaire » de plusieurs assemblées Nuits Debout ont recueilli les humeurs de la société. Elles associent désormais leurs efforts pour traduire ces aspirations en actions.

Nous entendons ouvrir des perspectives et élargir les débats étriqués que nous imposent la classe politique et les médias. Nous voulons mobiliser et intensifier le rapport de forces sur la démocratie et les institutions, à l’occasion du débat pré-électoral, mais aussi face à ce qui sortira des urnes. Plus de détails sur ce projet ici.

Notre initiative se compose de deux actions :

  • « Repenser la démocratie », mobilisation initiée par voie de pétition pour obtenir, après les élections, la mise en place d’un outil de délibération populaire pour repenser la démocratie, sous la forme d’un jury citoyen  public et indépendant, accompagné d’assemblées locales. En savoir plus.
  • « Propositions du 32 Mars », rédaction coopérative d’un recueil de propositions de réformes démocratiques, à partir de collectes populaires menées à Rennes et Paris, comme premières pièces versées au débat. En savoir plus.

La pétition « Repenser la démocratie » sera publiée le 17 mars à Rennes. Une version « punching ball » des propositions du 32 Mars sera présentée le 25 février à Paris, et sa version finale diffusée à l’occasion d’un rassemblement place de la République à Parisle 32 mars, un an après le début de Nuit Debout.

Cette double dynamique est animée par un collectif informel « Démocratie Inter-ND », qui regroupe des membres des commissions Démocratie vivante de Nuit debout Rennes, Jury Citoyen et Respidemo de Nuit debout Paris. Les échanges se font au moyen d’outils collaboratifs en ligne, ouverts à toute personne souhaitant y participer.

Agenda

  • 23 février : Conférence de presse pour annoncer la réunion publique du 25 février, à Paris (lieu et heure seront communiqués sous peu).
  • 25 février : Réunion publique Démocratie 32 Mars, à la Bourse du Travail de Paris. Présentation de notre démarche et de la première version des Propositions du 32 Mars. Des acteurs et actrices des mobilisations pour la démocratie interviendront sur chacun des principaux points abordés par ces propositions, dans un esprit d’échange et non de tribune. Un temps équivalent sera consacré à un échange parmi l’assemblée. Ont déjà annoncé leur venue l’altermondialiste Suzanne Georges, Sénat citoyen, l’Association pour une Constituante, Citoyens constituants, parti du vote blanc, ACRIMED. On vous accueillera dès 11h, pour un « café debout », avec les collectifs et intervenant.e.s participants, ouvert à toutes et tous.
    En savoir plus.
  • 26 février : nous proposons une séance collective de punching ball sur le contenu des Propositions. 1h30 pour commenter, critiquer, amender les propositions, sur la place de la République à Paris.
  • [15 mars ?] : Séminaire Démocratie, avec Loïc Blondiaux, co-organisé par Nuit debout Rennes, l’association des étudiants en sciences politiques et le laboratoire de recherche CRAPE/ARENES (sous réserve de confirmation, plus d’informations prochainement)
  • 17 mars : Réunion publique Démocratie 32 Mars à Rennes pour la publication de la pétition« Repenser la démocratie ». Cette pétition interpellera les candidat.e.s à des charges nationales, en revendiquant la mise en place, après les élections, d’un jury citoyen indépendant et public sur la démocratie et les institutions.
  • 32 mars : Rassemblement place de la République à l’occasion des un an de Nuit Debout. Publication des Propositions du 32 Mars. En savoir plus. Il s’agit un second temps fort de cet appel à mobilisation, avec la publication de la version définitive des propositions du 32 mars.
  • 23 avril : Jour debout pour le premier tour des élections présidentielles, pour lequel circule un appel à un rassemblement, adressé à toutes celles et tous ceux qui pensent qu’il faut refonder le système qui n’a plus rien de démocratique.

Ressources

Contacts

contact@rennesdebout.bzh

commission.jurycitoyen@gmail.com

Gazette Debout | février 13, 2017 à 8:01 | Étiquettes : #démocratie, inter nuitdebout, Nuitdebout Rennes | Catégories : Articles à la Une | URL : http://wp.me/p7Fyf3-5Ho

 


 

En résistance contre CIGEO (*1), projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, nos ami-e-s de l’est de la France ont tenus l’ANDRA (*2) en échec tout au long de l’année 2016. Blocage des forages préliminaires, occupation, puis réoccupation du Bois LeJuc… En août, illes ont remporté une victoire juridique historique en faisant condamner l’ANDRA pour défrichement illégal. Deux semaines plus tard, le long mur en béton censé sécuriser le chantier est tombé. La forêt libérée a alors vu fleurir barricades et cabanes perchées dans les arbres.

Cependant une nouvelle expulsion et une reprise des travaux est possible partir de février. L’ANDRA doit défricher certaines parcelles avant la période de nidification à la mi-mars.

Une grande manifestation aura lieu le 18 février à Bure. Ici comme là-bas, la richesse des composantes de lutte et la diversité des pratiques font la force du mouvement contre CIGEO, AGO et leur monde rempli de projets nuisibles et dangereux.

En cas d’expulsion, nous appelons à converger sur Bure et multiplier les actions de soutien. Quoiqu’il arrive, restons attenti-ves aux appels de nos ami-es en lutte, sur leur site www.vmc.camp !

Résistance et affouages ! ANDRA dégage !

La Coordination des opposants au projet de Notre Dame des Landes (associations, collectifs, syndicats et mouvements politiques) : ACCV – ACIPA – ADECA – AEI – AGISSONS POUR L’AVENIR – A L’EST DE L’ERDRE – ANDE – ATTAC – BIEN VIVRE A VIGNEUX – BREIZHISTANCE – BRETAGNE VIVANTE – CANVA – CAORRE – CAP 21 – CEDPA – CELA – COLLECTIF ANTI MAREES NOIRES – COLLECTIF COURT CIRCUIT- CONFEDERATION PAYSANNE – DECROISSANCE 44 – DU RELIEF A LA MONTAGNE – DLR – ECOLOGIE SOLIDARITE – EELV – ENESEMBLE 44 – FASE – FAUCHEURS VOLONTAIRES – FEA 44 – FNAUT – GAB 44 – GAUCHE ANTICAPITALISTE 44 – GAUCHE UNITAIRE – GENERATION ECOLOGIE 44 – GND – GREENPEACE – LES ALTERNATIFS 44 – LES AMI.E.S DE LA CONF – LES AMIS DE LA TERRE 44 – LES DESOBEISSANTS – LPO 44 – MALICE – MEI – MOC – MODEM 44 – NATUR ACTION – NATURE AVENIR – NATURE ET PROGRES – NOUVELLE DONNE – NPA – OBSLAB – PARDEM – PG – PLACE AU PEUPLE – REZE A GAUCHE TOUTE – SOLIDARITES ECOLOGIE – SDN LOIRE ET VILAINE – SDN PAYS NANTAIS – SOS LOIRE VIVANTE – SEVRE PROPRE 2015 – UNION SYNDICALE SOLIDAIRES 44 – VIVRE A SUCE – VIVRE A TREILLIERES – VERTOU ECOLOGIE SOLIDARITE

ainsi que les NATURALISTES EN LUTTE et HABITANT-E-S de la ZAD

 

1 CIGEO : Centre Industriel de stockage GEOlogique

2 ANDRA : Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs