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Communiqué de presse du 18 mai

NUIT DEBOUT GRENOBLE
nuitdeboutgrenoble@lanuee.com
www.nuitdeboutgrenoble.fr

COMMUNIQUE DE PRESSE :
NUIT DEBOUT GRENOBLE entame sa métamorphose

Dès le vendredi 8 avril, après une première tentative réprimée par la préfecture de l’Isère, Nuit Debout Grenoble s’est organisée en construisant un campement permanent devant la MC2 pour faire face à la loi Travail et son monde. Dès les premiers jours des dizaines de personnes ont rejoint le campement pour y vivre, organiser une activité, cuisiner ou participer aux assemblées populaires. En rassemblant des centaines de personnes quotidiennement, cette expérimentation sociale et politique a signé une réappropriation de l’espace public de la ville et une tentative d’inventer une gestion démocratique de la vie quotidienne.

Le mardi 17 mai 2016, l’Assemblée Populaire a voté la fin de l’occupation du campement de la MC2 sous conditions. Il s’agit d’un processus qui dépend de l’aboutissement des revendications des camarades qui vivent sur le campement, notamment sur la question des solutions d’hébergement.

Nuit Debout Grenoble entame de fait sa métamorphose. Il s’agit d’un choix de Nuit Debout Grenoble qui a ses propres raisons internes : il ne s’agit aucunement d’une réponse aux injonctions des institutions.

Désormais, l’assemblée populaire sera organisée dans des espaces publics de la ville de Grenoble : à Victor Hugo, à la MC2, au Jardin de ville ou ailleurs. Ces assemblées
populaires auront pour objectif de poursuivre et amplifier la mobilisation contre la loi travail et son monde. Les commissions continueront à se tenir, des activités et des actions seront proposées quotidiennement.

Grenoble, le 18 mai 2016

Charte « Éducation Populaire Debout »

La Charte « Éducation Populaire Debout »
Organisation de débats citoyens sur la MC3 (ex parvis de la MC2)

Nous, citoyen.ne.s indépendant.e.s, voulons créer un espace de débats et de partage des savoirs sur la MC3 (ex parvis de la MC2) : le camp Nuit Debout Grenoble. Ce lieu a vocation à proposer une autre forme de mise en commun des savoirs et des connaissances hors des cadres scolaires et médiatiques. En cela, nous, collectif indépendant autogéré, voulons servir à monter et à faire vivre ce lieu et cette communauté tous les jours et permettre ainsi aux débats de s’y tenir. Notre fonction est donc avant tout logistique et médiatrice, même si chacun de nous est libre de s’exprimer lors des débats.

Disposition générales :

– Tout le monde peut venir assister aux débats, y prendre part, s’inscrire, s’exprimer, proposer un thème. Ceux-ci sont ensuite inscrits sur le programme par les modérateur.trice.s de la commission Animation.

– Les intervenant.e.s n’ont qu’un prénom : i.elle.s ne s’expriment qu’en vertu de celui-ci et non d’un statut, d’une profession ou d’une compétence particulière.

– Les intervenant.e.s sont libres de proposer le thème qu’i.elle.s souhaitent aborder sans aucune restriction thématique ou idéologique.

– L’intervenant.e prépare, s’i.elle le souhaite, un exposé de vingt minutes pour servir de fil conducteur.

– L’intervenant.e peut, à tout moment, être interrompue par une intervention, une question ou une remarque.

– La veille de chaque débat, le thème est affiché et tout le monde peut soumettre des questions aux modérateurs.trices qui les transmettront à l’intervenant.e afin que celui-ci les intègre dans son exposé.

Sur le contenu des interventions :

Notre volonté est de proposer des débats accessibles à tou.te.s. Nous voulons rendre réelle et effective une véritable démocratisation de la transmission des savoirs ainsi que l’égalité de la parole de tous les citoyen.ne.s. En ce sens :

– Nous appelons les intervenant.e.s à ne pas adopter une posture d’« expert.e.s » mais de proposer un discours accessible à tou.te.s.

– Nous appelons les intervenant.e.s à expliciter au maximum leur pensée en des termes clairs et simples et à définir les concepts employés.

– Nous appelons l’auditoire à respecter le principe de bienveillance envers les intervenant.e.s.

– Les interventions ne doivent pas excéder vingt minutes pour laisser de la place aux mises en commun des connaissances, aux débats et aux discussions avec l’auditoire.

N’oublions pas qu’on est là pour prendre du PLAISIR et apprendre les un.e.s avec les autres !

Pour toutes vos questions, inscriptions, etc : RDV tous les soirs, réunion de la commission Animation lors de l’Assemblée Populaire à la MC3 : le camp Nuit Debout Grenoble.

La commission Animation de Nuit Debout Grenoble

Votée à l’unanimité par l’Assemblée populaire du 41 mars (ex-11 avril), MC3 de Grenoble

Réponse à l’appel de Grenoble des 61 et 62 Mars (anciennement 30 avril et 1er mai 2016).

Nuit debout lune debout

Préambule

Depuis le 40 mars (anciennement 09 avril 2016), Nuit Debout à Grenoble occupe l’espace public devant la MC2. Les rencontres entre les hommes et les femmes debout qui s’y déroulent ont montré la diversité de ceux et celles qui veulent agir dès maintenant pour la réalisation de mondes nouveaux. Suite à l’appel de Grenoble, discuté par plusieurs villes le week-end des 61 et 62 mars (30 avril et 1er mai 2016), il apparaît primordial que Nuit Debout se dote d’un outil appropriable par toutes et tous prenant en compte les spécificités de chaque Nuit Debout dans le respect de leur localité, de leur autonomie, de leur liberté.

Cet outil textuel itératif se compose de différentes briques déplaçables, modifiables, ajoutables, qui prennent comme point de départ un début de réponse aux cinq questions posées par l’appel de Grenoble. Nous proposons que ce texte soit lu et discuté dans toutes les assemblées Nuit Debout puis retravaillé, complété, trituré lors des rencontres de convergence de Nuit Debout qui se tiendront chaque week-end.

Notre volonté est d’inventer ensemble cet outil commun qui nous manque aujourd’hui pour réussir à mettre en situation permanente dans l’espace et dans le temps Nuit Debout. L’objectif est de permettre à toutes et tous d’exister dans le processus continu de convergence puis d’union, à la fois des luttes menées et des diversités des moyens d’agir. Il s’agit de dépasser l’idée d’un consensus inhabitable pour parvenir ensemble à la réalisation ici habitable de notre devenir.

La problématique du campement des Nuits Debout.

Nous avons discuté des occupations respectives des espaces publics. A Paris, Toulouse, Lyon, Aix-en-Provence et Marseille, l’occupation est temporaire afin d’organiser des temps d’assemblées populaires et de commissions. A Grenoble, un campement permanent a été construit. Tenir un lieu au quotidien demande de la détermination, entraîne de la fatigue et fait émerger de nouvelles problématiques. Mais cela permet également de ré-insuffler de la politique dans le quotidien pour commencer à transformer nos rapports sociaux dès maintenant. Le campement est un grand espace d’expérimentation et de politisation, qui permet d’avoir du temps et les moyens de déconstruire et d’analyser nos vies.

Quelle stratégie à court terme pour le retrait du projet de loi travail ?

Nous poursuivons la lutte de manière déterminée en organisant de nouvelles actions et des manifestations locales et nationales. Les député.e.s et futur.e.s candidat.e.s aux législatives seront interpellé.e.s personnellement pour qu’ils ou elles se positionnent clairement contre ce projet de loi. Nous exigerons des pouvoirs locaux (conseils municipaux et métropolitains) qu’ils adoptent des prises de position contre la loi travail, l’austérité et la précarité. Nous envisageons s’il le faut de mener des actions d’occupation des CCI, des locaux parlementaires et de toutes les institutions. Enfin, des actions de blocage économique seront lancées dans le cadre d’échanges et de coordinations entre les différentes Nuits Debout, les syndicats et les associations.

Quelles réactions coordonnées face aux violences policières et à l’état d’urgence ?

Nous avons tous vécu ou constaté ces dernières semaines que le pouvoir utilise la police et la gendarmerie pour la défense des intérêts des dominants et dans le but de décrédibiliser injustement notre mouvement. Nous dénonçons vivement toutes les violences policières envers les manifestants du mouvement social et envers les habitants des quartiers populaires qui vivent ces violences au quotidien. Nous dénonçons aussi le régime d’état d’urgence qui, ne l’oublions pas, a historiquement une origine coloniale. Nous pensons que l’organisation et l’existence même des forces de police sont à remettre en cause : elles sont aujourd’hui instrumentalisées par les détenteurs des pouvoirs économique, politique et médiatique. Nous affirmons enfin notre droit légitime de nous rassembler et de nous exprimer dans l’espace public.

Quelles conditions d’une convergence avec les quartiers populaires, les organisations syndicales et toutes les luttes révolutionnaires ?

Au-delà de la loi travail et son monde, nous voulons revoir la notion même de travail, refuser la propriété lucrative pour une propriété d’usage, combattre le capitalisme et toutes les formes d’exploitation et de domination des humains et du vivant en général. Nous condamnons l’identification des individus en fonction de leur statut social, de leur travail ou de leurs revenus. Nous refusons les élites, le patriarcat, le régime parlementaire et les discriminations sous toutes ses formes.

Comment articuler nos moyens d’action entre citoyennisme, activisme radical et désobéissance civile ?

Ne nous leurrons pas, l’insurrection est là, elle découle d’un mécontentement global qui fait émerger des formes d’action et de protestation composites. Nous avons tendance à catégoriser et juger ces formes d’action, mais gardons à l’esprit que ces catégories pourraient nous diviser alors que nous devrions multiplier, diversifier et inventer des moyens de lutte dont les objectifs sont précis et en accord avec les revendications de tous ces mouvements qui nous constituent. A l’heure où l’unité sera notre seule force face aux oppressions croissantes dont chacun et chacune fait face à chaque instant, donnons-nous les outils qui permettent de nous regrouper et d’incarner une réelle puissance sociétale. Imaginons une école populaire technico-pratique à partir de nos expériences et ainsi lutter plus efficacement. Démultiplions nos rencontres dans les différentes villes.

Comment organiser un processus constituant populaire, faut-il aller vers la chute de la 5ème République ?

Nous nous organisons en vue de la destitution de l’État représentatif et libéral actuel et appelons à un processus instituant une nouvelle constitution et une réelle démocratie. Un processus constituant est proposé à Toulouse, suffisamment avancé. Il vise à permettre une écriture directe d’une constitution par les assemblées « Nuit Debout ». Il semble intéressant que l’ensemble des Nuits Debout qui le souhaitent procèdent à un test de ce processus à l’échelle de son assemblée. Ceci afin d’améliorer le processus, en vue de le mettre en œuvre à l’échelle nationale des Nuits Debout. Nous appelons l’ensemble des assemblées populaires qui le souhaitent à tester ce processus en local avant la fin de l’été afin d’être en mesure de le mettre en place nationalement à l’automne.

L’appel de Toulouse est lancé pour le week-end du 68 et 69 Mars (anciennement 07 et 08 mai 2016): toutes les Nuits Debout qui le souhaitent sont appelées à y converger, pour se rencontrer et continuer de construire ensemble perspectives, actions et solutions communes.

L’appel de Grenoble

 

L’appel lancé à toutes les Nuit Debout de France
le 30 avril – 1er mai 2016

 

nuitdeboutlappeldegrenoble

 


 

La réponse à l’appel de Grenoble

 

Nuit debout lune debout

Préambule

Depuis le 40 mars (anciennement 09 avril 2016), Nuit Debout à Grenoble occupe l’espace public devant la MC2. Les rencontres entre les hommes et les femmes debout qui s’y déroulent ont montré la diversité de ceux et celles qui veulent agir dès maintenant pour la réalisation de mondes nouveaux. Suite à l’appel de Grenoble, discuté par plusieurs villes le week-end des 61 et 62 mars (30 avril et 1er mai 2016), il apparaît primordial que Nuit Debout se dote d’un outil appropriable par toutes et tous prenant en compte les spécificités de chaque Nuit Debout dans le respect de leur localité, de leur autonomie, de leur liberté.

Cet outil textuel itératif se compose de différentes briques déplaçables, modifiables, ajoutables, qui prennent comme point de départ un début de réponse aux cinq questions posées par l’appel de Grenoble. Nous proposons que ce texte soit lu et discuté dans toutes les assemblées Nuit Debout puis retravaillé, complété, trituré lors des rencontres de convergence de Nuit Debout qui se tiendront chaque week-end.

Notre volonté est d’inventer ensemble cet outil commun qui nous manque aujourd’hui pour réussir à mettre en situation permanente dans l’espace et dans le temps Nuit Debout. L’objectif est de permettre à toutes et tous d’exister dans le processus continu de convergence puis d’union, à la fois des luttes menées et des diversités des moyens d’agir. Il s’agit de dépasser l’idée d’un consensus inhabitable pour parvenir ensemble à la réalisation ici habitable de notre devenir.

La problématique du campement des Nuits Debout.

Nous avons discuté des occupations respectives des espaces publics. A Paris, Toulouse, Lyon, Aix-en-Provence et Marseille, l’occupation est temporaire afin d’organiser des temps d’assemblées populaires et de commissions. A Grenoble, un campement permanent a été construit. Tenir un lieu au quotidien demande de la détermination, entraîne de la fatigue et fait émerger de nouvelles problématiques. Mais cela permet également de ré-insuffler de la politique dans le quotidien pour commencer à transformer nos rapports sociaux dès maintenant. Le campement est un grand espace d’expérimentation et de politisation, qui permet d’avoir du temps et les moyens de déconstruire et d’analyser nos vies.

Quelle stratégie à court terme pour le retrait du projet de loi travail ?

Nous poursuivons la lutte de manière déterminée en organisant de nouvelles actions et des manifestations locales et nationales. Les député.e.s et futur.e.s candidat.e.s aux législatives seront interpellé.e.s personnellement pour qu’ils ou elles se positionnent clairement contre ce projet de loi. Nous exigerons des pouvoirs locaux (conseils municipaux et métropolitains) qu’ils adoptent des prises de position contre la loi travail, l’austérité et la précarité. Nous envisageons s’il le faut de mener des actions d’occupation des CCI, des locaux parlementaires et de toutes les institutions. Enfin, des actions de blocage économique seront lancées dans le cadre d’échanges et de coordinations entre les différentes Nuits Debout, les syndicats et les associations.

Quelles réactions coordonnées face aux violences policières et à l’état d’urgence ?

Nous avons tous vécu ou constaté ces dernières semaines que le pouvoir utilise la police et la gendarmerie pour la défense des intérêts des dominants et dans le but de décrédibiliser injustement notre mouvement. Nous dénonçons vivement toutes les violences policières envers les manifestants du mouvement social et envers les habitants des quartiers populaires qui vivent ces violences au quotidien. Nous dénonçons aussi le régime d’état d’urgence qui, ne l’oublions pas, a historiquement une origine coloniale. Nous pensons que l’organisation et l’existence même des forces de police sont à remettre en cause : elles sont aujourd’hui instrumentalisées par les détenteurs des pouvoirs économique, politique et médiatique. Nous affirmons enfin notre droit légitime de nous rassembler et de nous exprimer dans l’espace public.

Quelles conditions d’une convergence avec les quartiers populaires, les organisations syndicales et toutes les luttes révolutionnaires ?

Au-delà de la loi travail et son monde, nous voulons revoir la notion même de travail, refuser la propriété lucrative pour une propriété d’usage, combattre le capitalisme et toutes les formes d’exploitation et de domination des humains et du vivant en général. Nous condamnons l’identification des individus en fonction de leur statut social, de leur travail ou de leurs revenus. Nous refusons les élites, le patriarcat, le régime parlementaire et les discriminations sous toutes ses formes.

Comment articuler nos moyens d’action entre citoyennisme, activisme radical et désobéissance civile ?

Ne nous leurrons pas, l’insurrection est là, elle découle d’un mécontentement global qui fait émerger des formes d’action et de protestation composites. Nous avons tendance à catégoriser et juger ces formes d’action, mais gardons à l’esprit que ces catégories pourraient nous diviser alors que nous devrions multiplier, diversifier et inventer des moyens de lutte dont les objectifs sont précis et en accord avec les revendications de tous ces mouvements qui nous constituent. A l’heure où l’unité sera notre seule force face aux oppressions croissantes dont chacun et chacune fait face à chaque instant, donnons-nous les outils qui permettent de nous regrouper et d’incarner une réelle puissance sociétale. Imaginons une école populaire technico-pratique à partir de nos expériences et ainsi lutter plus efficacement. Démultiplions nos rencontres dans les différentes villes.

Comment organiser un processus constituant populaire, faut-il aller vers la chute de la 5ème République ?

Nous nous organisons en vue de la destitution de l’État représentatif et libéral actuel et appelons à un processus instituant une nouvelle constitution et une réelle démocratie. Un processus constituant est proposé à Toulouse, suffisamment avancé. Il vise à permettre une écriture directe d’une constitution par les assemblées « Nuit Debout ». Il semble intéressant que l’ensemble des Nuits Debout qui le souhaitent procèdent à un test de ce processus à l’échelle de son assemblée. Ceci afin d’améliorer le processus, en vue de le mettre en œuvre à l’échelle nationale des Nuits Debout. Nous appelons l’ensemble des assemblées populaires qui le souhaitent à tester ce processus en local avant la fin de l’été afin d’être en mesure de le mettre en place nationalement à l’automne.

L’appel de Toulouse est lancé pour le week-end du 68 et 69 Mars (anciennement 07 et 08 mai 2016): toutes les Nuits Debout qui le souhaitent sont appelées à y converger, pour se rencontrer et continuer de construire ensemble perspectives, actions et solutions communes.