Nuit Debout Grenoble s’adresse aux policiers



NUIT DEBOUT GRENOBLE A TOUS LES POLICIERS

En mai 1968 dans Paris la contestation et les manifestations étudiantes génèrent parfois des affrontements d’une très grande violence entre policiers et manifestants, du pavé lancé de plein fouet jusqu’au jet de produit chimique destiné à aveugler ou à brûler.

Des voitures, des kiosques à journaux sont incendiés, des vitrines brisées. Des arbres sont abattus, des chaussées dépavées pour dresser des barricades dans les rues du quartier latin où se déroulent de véritables scènes d’émeutes.

C’est dans ces circonstances que, suite aux violences de certains policiers, le Préfet de police a adressé à tous ses fonctionnaires une lettre dont voici des extraits :

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Lettre du préfet de police de Paris Maurice Grimaud à tous les policiers – Mai-68

« Je m’adresse aux gardiens, aux gradés, aux officiers, comme aux patrons et je veux leur parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force. »

« Si nous ne nous expliquons pas très clairement et très franchement nous gagnerons peut-être la bataille dans la rue mais nous perdrons quelque chose de plus précieux et à quoi vous tenez comme moi : c’est notre réputation. »

« Je sais que dans votre immense majorité vous condamnez certaines méthodes. Je sais et vous le savez aussi, que des faits se sont produits que personne ne peut accepter. »

« Je comprends que, lorsque des hommes assaillis pendant de longs moments reçoivent l’ordre de dégager la rue, leur action soit souvent violente. Mais, passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu’il s’agit de repousser, les hommes d’ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise. »

*« Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. »

« Je sais que ce que je dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j’ai raison et qu’au fond de vous-même vous le reconnaissez »

« Si je parle ainsi, c’est parce que je suis solidaire de vous. Il faut que nous soyons tous solidaires. »

« Dites -vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu’une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n’a pas de limite. Dites-vous aussi que lorsque vous donnez la preuve de votre sang-froid et de votre courage ceux qui sont en face de vous sont obligés de vous admirer même s’ils ne le disent pas. »

« Je sais votre amertume devant des réflexions désobligeantes ou les brimades qui s’adressent à vous, mais la seule façon de redresser cet état d’esprit d’une partie de la population, c’est de vous montrer sous votre vrai visage et de faire une guerre à tous ceux, très peu nombreux qui, par leurs actes inconsidérés accréditeraient cette image déplaisante que l’on cherche à donner de nous.

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48 ans après cette lettre, le 30 avril 2016, « un Télégramme  immédiat »  est adressé par le Ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, non pas aux policiers, mais aux préfets, au directeur général de la police nationale, au général d’armée, directeur de la gendarmerie nationale…

Voici de larges extraits du « télégramme » :

On peut comparer les deux textes

« Objet : Manifestations revendicatives et  rassemblements  « Nuit debout »

« Les violences qui se développent en marge des manifestations revendicatives, voire des rassemblements « Nuit debout » sont inacceptables … lorsqu’elles sont dirigées contre les forces de l’ordre. »

« Ces débordements violents, au -delà des dommages qu’ils provoquent, aux biens et aux personnes, brouillent l’expression démocratique » (reconnu par le gouvernement d’où le 49-3)

« L’ordre républicain commande que tout soit entrepris pour prévenir et réprimer leurs auteurs »

« Je sais les efforts que vous déployez avec les responsables des forces de police et de gendarmerie qui font preuve d’un remarquable professionnalisme »

« Vous exigerez un service d’ordre, capable d’isoler les fauteurs de troubles. »

« Vous prendrez toutes les dispositions pour filmer les opérations »

« Vos instructions ont permis 214 interpellations le 28 avril et 961 depuis le début des manifestations»

« Vous donnerez toutes instructions aux services de police, de gendarmerie pour un usage proportionné et légitime de la force (Ah !) Même attention pour les rassemblements « Nuit debout »

Concernant « Nuit debout » sont exigés : Déclaration préalable – Service d’ordre interne – Horaire de dispersion « L’horaire fixé atteint vous ferez évacuer les places occupées » – « Proscrire des constructions mêmes légères. »

« Vous prendrez contact avec les procureurs de la République que vous informerez des dispositions prises ».

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Statut des fonctionnaires

« Les fonctionnaires doivent se conformer aux instructions de leurs supérieurs hiérarchiques »

Le devoir de désobéissance des fonctionnaires :

Avis du Conseil d’Etat : « Le fonctionnaire dispose d’un devoir de désobéissance lorsque les ordres sont manifestement illégaux et de nature à compromettre gravement un intérêt public. »

La responsabilité du fonctionnaire : « Il demeure responsable de ses actes lorsqu’il commet une faute de nature à justifier une sanction même s’il obéit à l’ordre d’un supérieur hiérarchique. » ( http://www.affaires-publiques.org)

*c’est nous qui soulignons  http://nuitdeboutgrenoble.fr  / Facebook Nuit Debout Grenoble*

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